vendredi 3 octobre 2014

[Critique] L'énigme du Chicago Express - Richard Fleischer (1952)

 
Réalisateur : Richard Fleischer

Scénariste : Earl Felton

Acteurs : Charles McGraw, Marie Windsor, Jacqueline White

Directeur de la photographie : George E. Diskant


Monteur : Robert Swink

Genre : Film noir

Nationalité : Etats-Unis 

Durée : 1h11

Date de sortie : 1952 

Titre original : The Narrow Margin


Synopsis : Veuve d'un gangster récemment assassiné, Frankie Neal doit traverser le pays, de Chicago à Los Angeles, afin de témoigner devant un grand jury. Le détective Walter Brown est chargé de l'escorter alors que la mafia est à ses trousses...


Il n'est pas toujours évident de cerner Richard Fleischer, faiseur prolifique de l'âge d'or hollywoodien mais également auteur sombre à ses heures perdues. Si l'on excepte Conan le Destructeur et Kalidor (pour lesquels j'ai une tendre affection, malgré tout), je n'ai jamais été déçu par le bonhomme. Je dirais même plus qu'en deux occasions, Soleil Vert et L’étrangleur de Boston, il a su se faire une place de choix dans mon cœur. The Narrow Margin, ou L'énigme du Chicago Express, de son triste titre français (bien qu'il existe une autre traduction plus badass, Les tueurs du Pacific-Express), exploite la voix de la série B qui ne laisse pas de place pour les imperfections et l'ennui. La même recette qui fera le succès du très bon Les inconnus dans la ville.

Difficile de faire plus efficace et concis : une intrigue simple dans un lieu confiné, le tout sur un peu plus de soixante-dix minutes de film, tournées par ailleurs sur treize jours. Évidemment c'est là où Fleischer (qui a au passage payé une partie du film de sa poche) tire son épingle du jeu en proposant une recette de cinéma qui évacue plus que jamais tout le superflu et se contente du strict nécessaire pour donner des leçons dans le genre. En à peine quelques minutes les enjeux sont posés, sans besoin de rajouter de l'emphase mélo-dramatique, de la musique ou des pans de scénario hors-sujet. Ici les personnages sont secs et directs, comme le film. Tout va droit au but.

Évidemment c'est une fois à l'intérieur du fameux train mis en scène par le film que toute la tension commence à monter, savamment orchestrée par un Fleischer qui décidément a parfaitement compris comment filmer son environnement. Rarement un cadre en format académique (1.37) n'aura été aussi bien utilisé justement que dans les espaces confinés des coursives du train. Le tempo est finement maitrisé : le rythme est effréné tout en faisant ressentir le temps qui s'écoule lentement pour les protagoniste, sous l'épée de Damoclès qui plane au-dessus de leur tête. Et ce, sans interruption jusqu'à la fin, pendant que les idées de mise en scènes se multiplient.

Une fois de plus, on tient un formidable exemple du film qui révèle tout l'intérêt que l'on se doit de porter à la série B, toujours plus riche et surprenante qu'elle n'y parait. The Narrow Margin est élégant comme un authentique film noir se doit de l'être, sans fioritures et porté par des acteurs charismatiques aux punchlines comme on en fait plus. A découvrir !

A l'occasion je jetterai un coup d'oeil au remake de Peter Hyams de 1990.





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